LA MAISON SAJOU ET LES ALBUMS SAJOU


La Maison SAJOU a
été fondée par Monsieur J.J. SAJOU.
On retrouve sa
première localisation, en 1838, dans l’Ile de la Cité à PARIS.
C’est la première
maison pour ouvrages de dames, en France.
Puis cette maison
a été transférée dans de nouveaux locaux 50 Rue Rambuteau à Paris (1849), puis
ensuite 74 boulevard Sébastopol toujours à Paris.
Monsieur SAJOU a
toujours été locataire de ses locaux (boutique et atelier).
Les différents
noms figurant sur les célèbres albums SAJOU ont une explication.
On peut
trouver :
1.
Maison SAJOU
2.
E. ANGLARD
(nom de son gendre)
3.
M. CABIN
Successeurs
4.
G. LEFEVRE et
CABIN Fils Successeurs
C’est la même
maison.
Monsieur SAJOU n’a
eu qu’une fille. On retrouve donc le nom de son gendre sur certains albums.
Puis le nom des descendants car c’est une affaire familiale.
On perd la trace
de Monsieur J.J SAJOU vers 1870.
On peut donc dater
quelque peu les albums « dessins de broderies Sajou » en fonction
de leur nom et adresse figurant sur la première page.
Il est connu pour
être un fabricant industriel de broderies,
tapisseries, perles.
C’est le premier
industriel en France à avoir développé l’industrie du dessin sans y avoir
laissé sa fortune.
Il a su, à
l’époque, aller chercher des subventions pour son entreprise.
Il est reconnu
comme un artiste inventif, créateur de techniques.
Monsieur SAJOU a
importé en France, la tapisserie, les dessins allemands, les modèles de Berlin.
Les modèles de Berlin ont été inventés au début du 19ème siècle par
un imprimeur allemand (1804, 1805)
Les premières
publications Sajou sont des albums au crochet, tricot, frivolité.
M. Sajou commence
à éditer les modèles de Berlin (imitations) en 1840.
Ce sont les
dessins de Berlin qui le font connaître à un large public.
Son atelier, dans
ses débuts, occupe une cinquantaine de jeunes filles orphelines, âgées de 10 à
18 ans. C’est en même temps un foyer de jeunes filles, un centre de formation
(éducation ménagère des jeunes filles), un atelier de fabrication et une œuvre
de charité.
A coté de
l’enseignement élémentaire qu’elles reçoivent, les jeunes ouvrières travaillent
la broderie, la couture, les couleurs, le coloriage.
On découvre déjà
son côté « humaniste », à l’écoute des problèmes de son époque
(innovation sociale car les structures d’apprentissage sont rares pour les
filles).
Il emploiera par
la suite, en 1855, entre 200 et 300 personnes (dûment rémunérées).
Il gère en même
temps sa boutique et son atelier.
Le développement
de son activité d’imitation parfaite des dessins de Berlin, obtenue à bon
marché, est un succès commercial. Le bon goût de ses compositions lui confère
une supériorité incontestable (innovation et qualité des produits).
Ses bons résultats
sont dus à son intelligence, la bonne direction de son atelier, les bons
préceptes donnés par lui-même et sa famille à tous ceux qu’il emploie.
Il présente ses
produits lors d’expositions afin de faire connaître ses innovations
technologiques. Ses produits d’usage courant sont exposés, vendus et certains
sont primés.
Il est remarqué,
distingué. En 1850, il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur.
Il reçoit de
nombreuses récompenses (Exposition Nationale Française – Exposition Universelle
Internationale).
1841 : médaille bronze
1842 :médaille argent
1846 :
déclaré « fabricant » de dessin
1849 :
médaille bronze
1855 : médaille de première classe
Section dessins industriels
1862 : médaille à Londres
1889 : médaille argent exposition
universelle
1910 : Bruxelles.
Dans les dernières
années (après 1870), ce sont ses successeurs qui sont récompensés.
Créateur de techniques :
§
En 1858,
Monsieur SAJOU dépose un brevet sur l’invention du procédé de Tricographie
(brevet de 15 ans).
Il en sera
récompensé en 1862.
Procédé de
Tricographie : méthode avec dessins et signes simples pour produire toute
espèce de tricot, pour la concordance des mailles entre elles (genre grille
avec signes pour matérialiser les types de mailles).
Cette invention n
‘a pas eu de succès.
§
Création de
la Broderie télégraphe (dessin avec cordon servant à former la broderie).
§
En
1857 : création de la mimosculpture.
§
Broderie avec
cuir estampé (tapisserie avec insertion de cuir).
§
Col en relief.
§
Potichomanie
(illustration du verre)
§
Tabouret de
voyage (tabouret pour broder dans les
trains).
Correspondant avec la presse :
1846 : avec le Guide de la Brodeuse
1849 : Collection d’albums
« Le Conseiller des Dames » 1000 dessins et patrons. Abonnement au journal.
1857 : Journal « La
Brodeuse » - correspondant unique
1858 /1859 : Moniteur des dames
et demoiselles
1861 : Journal des Demoiselles
Dans toutes ces
publications, il est le correspondant à la rubrique « ouvrages de
dames ». Il répond aux attentes des lectrices, explique les modèles qui
leur sont proposés. Il met un point d’honneur à répondre personnellement à tous
les courriers.
en
1848, il y a en vente, quelques 15 000
à 16 000 modèles de dessins différents (10 à 80 cm).
entre 1851 et 1854 : Guide SAJOU,
guide pratique des ouvrages de dames.
On ignore la
production exacte.
Ces albums sont
regroupés en série.
Dans le catalogue
général, les séries sont repérées à la couleur des couvertures.
Ces séries sont
numérotées.
Dans les éditions
tardives, il y aurait une cohérence entre la couleur, les chiffres.
La numérotation
s’inscrit dans la centaine.



Quelques modèles
Il y aurait 12
catégories.
§
Albums sajou
miniature – bleu – pliage accordéon 4,7
x 7,8 cm
2
numérotations : 1 à 8, 114,115,181,182,183,186
pages imprimées en
bleu sur une face – 24 ou 25 lettres, les plus petits alphabets ont 26 lettres (quelques chiffres et
bordures).
§
Albums bleus-
8 x 11,8 cm – pliage accordéon
N° 51 à 56 –
correspondance 201 à 206
6 pages imprimées
en bleu sur une face, essentiellement des alphabets.
§
Albums roses
– 8 x 11,8 cm – pliage accordéon
Petit album, 8
pages imprimées sur une page
Plusieurs
numérotations –(numéros 102, 110).
§
Albums russes
– 8 x 11,8 cm – pliage accordéon
Couverture beige
foncé, 8 pages imprimées en deux couleurs (rouge et bleu)
Série de lettres
fleuries, entrelacées, petits motifs, bordures (numéro 165)
§
Albums de
tapisserie – 8 x 12 cm – petit album
8 pages imprimées
sur une face, en couleur, inspirées des modèles de Berlin.
(numéros 305 306
310)
§
Albums roses
moyens – 11,2 x 15,5 cm – pliage accordéon
8 pages imprimées
en bleu sur une face – modèles d’alphabets, lettres enfleuries, motifs.
§
Albums de
tapisserie – 13,5 x 18 cm, albums moyens
Inspirés des
modèles de Berlin.
§
Albums verts
– 10 x 13,5 cm – petit album - pliage accordéon
8 pages imprimées
en bleu sur une face, alphabets.
§
Albums
marrons – album moyen – 13,5 x 18 cm – couture à cheval
8 pages imprimées
en bleu sur une seule face – alphabets.
§
Albums parmes
– album moyen – 14,2 x 21,5 cm – couture à cheval
8 pages imprimées
en bleu sur une face, alphabets
§
Albums verts
– grand album – 27 x 17 cm – couture à cheval
8 pages imprimées
en bleu sur une face – alphabets, motifs, mots anglais et espagnols (reflet de
leur diffusion européenne)
§
Albums oranges – grand album – 16,5 x 27 cm
Graphisme de la
couverture représente une toile tendue sur un métier, brodée du mot Sajou en
lettres enfleuries – 16 pages imprimées en bleu sur une page – alphabets de grandes lettres et lettres de plus petit format dans le bas
des pages.
Rééditions : Il y a eu des rééditions
ultérieures de ces albums Sajou.
Les couvertures
sont alors très sobres, dans des tons voisins des couleurs des séries
d’origine.
Le dessin de la
couverture est alors identique pour toutes les séries et est de style
« Art Nouveau ».
Dans le bas droit
de la couverture, les albums portent la mention « MARQUES ».
Nombre
d’albums : Le
recensement des albums pour points de croix édités par Sajou a permis de retrouver
la trace d’une centaine d’entre eux.
Date
de ces albums :
la plupart des exemplaires qui circulent sont postérieurs à 1889 ; on le
voit à la mention « médaille d’argent à l’exposition universelle de
1889 ».
D’autres – les
oranges – ne portent mention que des médailles jusqu’à 1855.
Peu de médailles
aussi sur les albums verts, ces modèles seraient antérieurs à 1860 (papier
épais, techniques de reproduction primaires).
Rédigé et illustré
par Filoche
Décembre 2003
Sources
d’information : Exposé sur M. SAJOU par Véronique MAILLARD (Expo Brunoy
2003) et livre de Catherine POUCHELON « Abécédaires brodés – du modèle à
l’ouvrage ».