LES ALBUMS DE DESSINS DE BRODERIES ET DE MARQUES

 

 

 

 

Petite histoire de ces albums :

 

En Europe, au 19ème siècle, les travaux d’aiguilles sont considérés comme un pilier de l’éducation des jeunes filles. Les patrons de broderies existent depuis longtemps (16 – 17ème siècles).

 

En France, la réalisation de petits ouvrages relève de l’utilisation presque exclusive du point de croix.

 

Ce point de croix s’enrichit de la source d’inspiration que représentent les modèles de Berlin (motifs floraux, couronnes, bouquets, animaux, scènes enfantines)

En Allemagne, ces dessins sont vendus en feuilles, en albums, puis intégrés à la presse féminine (entre 1810 et 1840, 14000 dessins différents seront publiés, c’est une réelle industrie).

 

En France, la diffusion de ces modèles sera tardive (plus tardive que dans les autres pays européens : cause guerres napoléoniennes et leurs conséquences).

 

Avant  1840, quelques éditeurs à Paris publient ces dessins de Berlin.

A partir de 1840, c’est Sajou qui développera cette activité en tant qu’industrie (fabrication de dessins de tapisserie coloriés à la gouache).

Ses modèles sont vendus en feuilles volantes, intégrés dans la presse féminine.

 

Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, les modèles seront diffusés dans de petits albums (pour canevas et laine).

Les brodeuses raffinées  remplaceront le canevas par de la toile de lin, et la laine par de la soie.

 

Leur diffusion à grande échelle va viser un public plus large : les écolières pour la réalisation de marques (travail scolaire où se mêlent point de couture, point de croix – alphabets – points de broderie) et les maîtresses de maison pour le marquage du linge.

 

Ces petits albums comprennent en général 8 feuilles imprimées sur une seule face, en bleu, voire bleu et rouge.

Les plus petits formats sont pliés en accordéon, les plus grands cousus au centre.

La plupart des modèles sont des alphabets variés, utilisés pour le marquage du linge (décoratif ou utile) et quelques motifs variés (frises, bordures)

 

Ces albums sont diffusés par les négociants de fournitures pour ouvrages de dames.

 

 

Principaux diffuseurs de ces albums :

 

-         Sajou : Maison Sajou puis Anglard, Cabin, Lefevre et Cabin successeurs

-         Sajou : modèles diffusés sous les marques Cartier Bresson ou Simart.

-         Alexandre et Cie (successeur Maurice Lajeunesse) édite une série « Alphabets variés ».

-         A. Rouyer (successeur André Béranger) édite « Colibri » en unicolore et « Le Diamant » pour les modèles gouachés.

-         Alfred Rosselin (successeur J. Trigoulet)

-         Maison ZIVY (successeur J.Bloch)

-         Manufacture Parisienne des cotons L.V diffuse sous sa marque des modèles Alexandre.

-         Le Bon Marché vend des modèles d’albums Alexandre dans « L’album de Marques et Broderie ».

 

-         Plus tardivement, DMC (Albums de Broderie au Point de Croix I, II, III.  – L’alphabet de la Brodeuse : deux formats (16 et 8) et une version simplifiée éditée par Charles Delagrave, spécialiste des livres scolaires de travail manuel, pour les écolières).

 

 

 

 

Avec un tel succès, notamment à travers l’Europe, certains de ces albums sont copiés sous le titre de Dessins de Broderie sans mention d’éditeurs, de qualité moindre (souvent mis dans les trousses de couture destinées aux jeunes filles).

 

Plus récemment, certaines pages de ces petits albums deviennent des supports publicitaires pour des magasins (Confiseurs – chocolaterie Révillon – Le Petit Journal – département et chef lieux).

 

Mais les plus célèbres de ces albums de dessins de broderies demeurent les albums Sajou, regroupés en série, de taille et de composition différentes, diffusés à grande échelle, de bonne qualité et bon marché, puis réédités après 1889. Ils deviennent aujourd’hui de véritables objets de collection.

 

QUELQUES MODELES

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé et illustré par Filoche

Source d’information : livre de Catherine POUCHELON « Abécédaires brodés – du modèle à l’ouvrage »